CARMIN

SERIE 04.

Carmin est le souvenir froissé d’un instant fondateur, celui où un jeune garçon de dix-sept ans a rêvé d’arrêter le temps.

Face au camion qui emportait ce tapis destiné à disparaître, il aurait voulu appuyer sur PAUSE, suspendre le geste, suspendre le monde, sauver cette couleur.

Le drapé rouge, vibrant et vivant, porte encore la révolte contenue de cet instant d’injustice.

En dessous, la matière dorée — blessée, griffée, suintante — raconte l’or qu’il percevait déjà dans ce que d’autres considéraient comme insignifiant.

Les plis s’amoncellent comme des souvenirs que l’on tente de retenir avant qu’ils ne s’échappent.

Les coulures, elles, sont les traces du temps qu’on ne peut arrêter, même quand on sait qu’il emporte quelque chose d’essentiel.

Carmin est ainsi le berceau d’un acte fondateur : celui de voir, avant tous les autres, la beauté cachée dans l’abandon.

Ce jour-là, le gamin n’a pas pu sauver l’objet — mais il a sauvé le geste.

Et de cette impossibilité est née une œuvre, une vision, une fidélité intime à tout ce qui échappe.

Dans ces plis rouges et cet or qui saigne, on retrouve l’origine même de la création de Zakine.

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